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 Friedrich Lowy - Stay serious [Finished]

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MessageSujet: Friedrich Lowy - Stay serious [Finished]   Friedrich Lowy - Stay serious [Finished] EmptyVen 27 Juil - 17:36


Friedrich Lowy




    Âge : 24 ans
    Nationalité : Autrichienne
    Rang : Humain sans don.
    Groupe : Une heure de colle !



Caractère


Honnêtement, on ne vous a jamais dit que ça le faisait moyen de venir farfouiller dans la vie des gens ? Allez, on vous pardonne. ~

Antipathique. Ce n’est pas l’individu le plus agréable à vivre qu’on puisse trouver. Il le sait en plus, mais il ne fait rien pour le changer. Il doit sûrement se dire que c’est aux autres de faire l’effort, pas à lui, et que si il ne leur convient pas, ils n’ont qu’à aller voir ailleurs. Enfin bref, il ne sourit pas beaucoup. On l'a rarement vu sourire honnêtement, la plupart du temps, il s’agit juste de sourire sadiques ou machiavéliques. Le sourire de celui qui vient de vous jouer un sale coup. Mais sinon, jamais. Et dans sa façon d’être, dans sa façon de parler, il y a toujours quelque chose qui dérange. Un genre de désintérêt, il ne vous écoute pas quand vous parlez, il regarde ailleurs, il s’en va carrément au milieu d’une de vos phrases. Non, il n’est pas vraiment sympathique.

Efficace. Le sérieux, c’est lui. La fermeté, c’est lui. Il ne laisse rien au hasard, et quand il fait les choses, il les fait bien. Vite fait, bien fait, l’incarnation faite homme du perfectionnisme. Hors de question de lui présenter quelque chose d’imparfait, il vous le jettera à la figure sans un mot. Hors de question de laisser quelque chose d’inachevé non plus, cela subira le même sort. Quand on lui donne quelque chose à faire, il le fait, et il le fait bien, allant parfois jusqu’à dépenser toute son énergie nuit et jour pour terminer et que tout soit parfait. Il ne supporte pas la médiocrité, évitez cela avec lui.

Mégalomane. Il n’y a qu’un seul maître, et c’est lui. Sa soif de puissance et de contrôle est largement trop haute. Autoritaire, narcissique, il n’hésite pas à mettre au tapis ceux qui ne lui obéissent pas immédiatement. Les fauteurs de trouble, ceux qui lui tiennent tête finissent rapidement sur sa liste noire, et il mettra tout en œuvre pour leur pourrir la vie. Lorsqu’il ordonne quelque chose, il faut que cela soit fait, et bien. La moindre incartade lui est intolérable, et il voudrait que tout autour de lui soit exactement comme il l’imagine. Il aime voir qu’on le craint, et il aime sentir qu’il a le pouvoir. Il croit énormément en ses propres capacités, et a une (trop) grande confiance en lui, qui lui cause parfois du tort.

Cynique. On ne sait jamais comment prendre ce qu’il dit. Est-ce que c’est vrai, ou est-ce que c’est seulement une mauvaise plaisanterie ? Il peut vous sortir les pires insultes ou les plus beaux compliments en gardant le même visage. Il fonctionne comme ça, par le cynisme, l’ironie et l’humour noir. On ne sait jamais si il plaisante, on ne sait pas à quoi s’attendre. Beaucoup d’imprévisibilité, est-ce que c’est vraiment mauvais ?

Violent. Un individu plein d’agressivité et de manque de tact. Pour lui, une porte, ça ne s’ouvre qu’avec le pied, et si les gens ne s’écartent pas sur son passage, c’est qu’ils VEULENT être bousculés. Pichenettes, claques derrière la tête. Quand quelque chose lui déplait, c’est d’abord par une intervention physique qu’il le fait remarquer. Il préfère l’intimidation à la persuasion, et va même parfois provoquer la bagarre lui-même. Mais il lui arrive quand même parfois de préférer la discussion à l’altercation. Ça dépend du temps qu’il fait.

Logique. Pour chaque problème, il y a une solution. Il faut juste savoir la trouver. Pour ça, il faut emprunter le bon chemin. Il fait les choses méthodiquement, avec soin. Tout s’organise dans sa tête, tout se range, tout se liste. Il procède souvent par étapes, ordonnant ses pensées, mais aussi ce qui l’entoure. Il n’aime pas le désordre et passe son temps à ranger. Rien ne dépasse, rien ne fuit, tout va là où il a décidé que ça devait aller. Avec de la logique et de la méthode, on arrive à tout.

Immoral. Fumeur, buveur, coureur. Le triathlon de la vie facile. Il est très rare de le voir sans cigarette ou cigare accroché à ses lèvres. Même dans les lieux où c’est interdit, il se promène avec une cigarette éteinte au coin de la bouche, comme une marque de fabrique. Il agrémente souvent son café qu’il boit très noir d’une goutte d’alcool, et s’autorise parfois même de grandes rasades en pleine journée. Il préfère les lieux mal famés au confort bourgeois car il est sûr de n’y trouver personne pour lui reprocher ces habitudes.

Cruel. Amis du sadisme, bonsoir. Il aime rabaisser les autres, les voir pleurer, supplier et se traîner à ses pieds. Parfois, il ressent des pulsions agressives envers ceux qui l’énervent, et ressent alors une grande satisfaction à les faire souffrir, que ce soit mentalement ou physiquement. Le malheur des autres ? Aucun intérêt, tant que cela lui profite.

Passionné. Bizarrement, il est parfois très sensible à la beauté de ce qui l’entoure. Et lorsqu’il s’attache à quelqu’un, il le suivrait jusqu’au bout du monde. Personne ne sait comment ou pourquoi il choisit d’aimer une personne plus qu’une autre, ou de considérer que quelque chose mérite soudainement de ne pas subir ses reproches et plaintes intempestives. Ça arrive, c’est tout.

D’autres petites choses qui pourraient être intéressantes, c’est sûr. Mais ce sera bien mieux de découvrir ça par vous-même.




Physique


On a pas beaucoup de clients, alors dès que quelqu’un pousse la porte, forcément, ça marque. En même temps, ça s’comprend un peu. On est pas un trois étoiles, ça c’est sûr. Le genre de petit bar un peu cradingue qui fleurit à chaque coin de rue, vous voyez ? Niveau ambiance, service, tout ça, j’fais de mon mieux, mais ça suffit pas toujours. Et puis y’a l’autre brasserie qui vient d’ouvrir en face. Banquettes de cuir, lustres en verre, et tout le tralala d’bourgeois. Ça change d’nos pauvres chaises branlantes et du vieux néon clignotant qui menace d’rendre l’âme au plafond. Mais chez nous au moins, la bouffe est bonne. On a les trois B : Bon goût, Bon marché, Bien servi. Eux, j’sais pas quels B ils ont, mais faut mieux pas aller y toucher si vous voulez pas finir la tête dans la bassine à la fin du repas. Enfin voilà, z’avez le choix entre le confort ou le manger. Et quand on se les pèle comme ce jour-là, j’peux vous dire qu’on hésite pas longtemps, le chauffage prends le dessus sur les papilles.

C’pour ça que quand le gusse est entré, ça nous a bien surpris. Il devait faire genre -40° dehors. Enfin, dans ces eaux-là. En tout cas, j’peux vous dire que ça neigeait un max, avec le vent, tout ça. J’laisserais même pas ma belle-mère dans c’froid là. Tous les pogos du coin avaient couru chez la Brasserie des grands Môssieurs, et on s’ennuyait pas mal. Il y avait un p’tit courant d’air qui filtrait sous la porte, l’horreur. Mais c’est pas c’qui vous intéresse, hein ? Il y avait un gars qui a poussé not’ porte, comme ça, en pleine tempête. J’l’ai regardé, et j’avais un peu envie de rigoler, parce que j’me disais qu’il avait dû se planter de porte, un truc du genre. Avec le temps qu’il faisait dehors, on aurait pas reconnu son propre gosse. J’étais là, derrière le comptoir à empiler des trucs divers, et j’le fixais, en me demandant quand est-ce qu’il allait faire demi-tour en s’excusant. Mais non, il a pas bougé. Il a promené son regard sur la salle, et puis il a eu l’air content, et il s’est avancé pour s’asseoir à une table. Pas au fond de la salle, ni près des fenêtres. Au milieu, là où on peut tout voir. Le gars, il a retiré son manteau tranquillement, il a épousseté la neige qu’il y avait dessus, et il l’a posé avec plein de précautions sur le dossier de sa chaise. Le genre qui fait super gaffe à ses fringues, voyez ? Impec’, pas un pli, pas une tâche. En même temps, il avait pas l’air de ce genre de gars qui font pas trop gaffe à eux. Déjà, ça se voyait rien que dans sa façon d’se tenir. Il était plutôt grand. J’pourrai pas vous dire exactement, mais plus grand que moi, hein. Faudra vous débrouiller avec ça. Et il se tenait tout bien droit, avec la tête haute de ceux qui sont un peu meilleurs que les autres, vous voyez ? En bombant un peu le torse. Ça m’énervait un peu d’ailleurs, c’petit air suffisant, mais j’ai rien droit d’faire de remarques aux clients. Et puis bon, j’suis pas là pour juger. Mais bon, même si c’était un mec rencontré n’importe où, j’y serait pas allé y coller une beigne, nan. C’était pas un monsieur muscle, nan, mais bon, ça se voyait bien quand même que fallait mieux pas y chercher des noises sous peine de se récolter un joli petit crochet du droit qui fait bien mal aux dents. J’dis ça, j’dis rien en même temps.
Il s’est planté droit sur sa chaise pendant quelques secondes en r’gardant à droite à gauche, et puis d’un coup, il s’est assis comme s’il était chez lui, dans son fauteuil. Pas gêné. Une jambe relevée, la cheville posée sur la cuisse, le coude sur la table, le menton dans la main. Il attendait quelque chose ou quoi ? Au moment où je me suis dit ça, j’me suis rendu compte que j’étais bon pour la décharge, parce que c’était évident qu’il attendait de passer sa commande. On était dans un bar, hein. J’me suis approché pour voir c’qu’il voulait, et puis j’en ai profité pour le regarder un peu mieux, parce que moi c’que j’aime bien, c’est raconter la tête des clients à mes gosses quand je rentre le soir. Surtout quand ils ont des p’tits trucs physiques marrants, genre un œil qui dit merde à l’autre, le nez un peu long. C’genre là, c’pas bien méchant. Mais là, il y avait pas beaucoup de trucs marrants, j’étais un peu déçu. C’était un mec normal quoi. Jeune, ouais. Enfin, pas ado non plus, mais genre, la vingtaine, un peu plus. Il avait un visage complètement normal, ça m’agaçait. Pour une fois que quelqu’un passait cette fichue porte, c’était pas un vieil ivrogne décrépi au faciès bouseux. Enfin bref, j’ai guetté tous les petits détails qui pourraient faire marrer. Un bouton crade quelque part peut-être ? Nope, rien du tout, il avait une peau toute lisse et toute pâle. Le genre de peau que les minettes adolescentes tueraient pour avoir. Enfin bon, un peu pâle sa peau quand même, moi j’en aurai pas voulu. Les yeux alors ? J’étais à l’affût de n’importe quoi, un léger strabisme, des paupières trop tombantes, un regard bovin. Mais là non plus, pas grand-chose à dire. C’était des yeux verts tout bêtes. Vert foncé, qui regardaient rapidement à droite, à gauche. Et des fois, ils se stoppaient nets sur un truc et ils devenaient durs et froids, comme les yeux d’une bestiole qui s’raient en train de chasser. Puis ça se désintéressait et ça recommençait à bouger à droite à gauche. C’était un peu énervant d’regarder ces yeux bouger, et puis, j’sais pas, j’avais peur qu’ils commencent à me fixer, alors j’ai r’gardé ailleurs. Les cheveux tiens. Roux, généralement, ça fait rire les gosses. Mais ils faut qu’ça soit des cheveux roux de clown, genre bouclettes, fanfreluches et talala. J’ai cherché voir s’ils étaient pas un peu nazes comme cheveux, genre tombants, gras, ou quelque chose comme ça, mais là encore, déception. Lisses, un peu ébouriffés par le vent de dehors j’imagine. Genre, pas crinière de lion, mais dans ce style. Enfin, vu la couleur. Le gars avait dû en subir des blagues quand il était gamin vu le mélange. Dans la famille florilège capillaire, je voudrais le feu de brousse. Non, j’exagère, mais voilà, j’suis comme ça, je cherche la petite bête.
Je devais le dévisager comme ça sans rien dire depuis un moment, parce que le gars a toussoté discret, genre « S’cusez moi d’être là, mais si vous pouviez faire vot’ taf ça s’rai pas mal non plus ». Le coup de flippe, j’me suis mis au garde à vous direct. Il m’a pas trop regardé, et puis il a demandé un café noir, serré, sans sucre. Le genre qui fait cracher les boyaux quand t’es pas habitué. J’le voyais bien demander une touche de whisky à rajouter dedans, mais rien. J’ai fait mille petites courbettes d’usage –je plaisante, hein- et j’suis parti faire ça. Depuis le comptoir, j’le voyais, il avait déplié un journal sur la table, qu’il lissait du bout des doigts. De son autre main, il faisait ce petit truc énervant, vous savez, les pianotements des doigts sur la table qui vous donnent envie de foutre en l’air celui qui s’entraîne sans piano. J’me suis grouillé de faire ce foutu café pour qu’il arrête, parce que ça me mettait sur les nerfs. En plus, j’avais l’impression qu’il se rendait parfaitement compte que ça m’énervait, avec son p’tit sourire matois qu’il avait en coin, genre « Tu veux que j’arrête, hein, mais j’suis client, j’suis roi ». J’lui ai apporté, et il m’a remercié tranquillement, avec une voix un peu grave, pas trop désagréable. Il a arrêté de pianoter sur la table, et d’un coup, ça allait beaucoup mieux ici. Limite, j’aimais bien ce gars. Parce que ça m’occupait qu’il soit là. D’un coup, il m’a appelé, et il m’a demandé s’il pouvait fumer. En temps normal, j’aurai dit non, puisque c’est interdit, mais là, y avait personne d’autre dans le bar, le patron avait pris sa journée à cause du temps, j’me suis dit, allez, pourquoi pas. Et puis comme ça, ça me permettrait d’en griller une aussi. J’ai balancé en rigolant que c’était ok à condition qu’il m’en offre une. Le gars à rigolé aussi, il avait l’air d’un bon gars en fait. Il a mis la main dans sa poche intérieure, et il a sorti une longue boite. Ça avait l’air précieux, et quand il l’a ouvert, dedans, il y avait plusieurs cigares. Le genre bon chic bon genre, voyez. Ce gars devait avoir du fric. Ou des parents friqués. Moi ça m’embêtait un peu, parce que le cigare, j’aime pas trop ça. Apparemment, le rouquin s’en est rendu compte, et il a sorti une autre boite, plus petite, remplie de cigarettes, des fines. Le must du must. Il m’en a offert une, et j’ai pas réfléchis longtemps. Pour moi, ce gars, c’était presque un pote du coup. Il m’a filé du feu, et il a fixé le mur en face de lui, et moi j’suis retourné derrière mon comptoir. Et d’un coup, paf, le néon qui clignotait s’est éteint pour de bon. J’crois que j’ai lâché un juron plutôt fort, mais le gars s’est pas formalisé. Ou alors il a fait semblant. Difficile à dire, avec l’obscurité de la moitié de la pièce, d’un coup. Et là, c’est pas génial pour moi à dire, mais je dois avouer que le gars, comme ça, assis à sa table, ben il m’a inquiété. La moitié de son visage dans l’ombre, le bout du cigare qui grésillait et qui faisait un point rouge dans le noir, le regard fixe, qui bougeait plus du tout. Ben ça m’a fait flipper. J’ai chopé le balai et j’ai filé un coup sur le néon pour le faire se rallumer. J’y croyais pas des masses, mais ça a marché. Et puis voilà que mon bonhomme se lève, pose doucement quelques pièces sur la table, et se tourne vers moi. Et là, il me sort qu’il a passé un très bon moment, et qu’il reviendrait sûrement. J’en croyais pas mes oreilles. J’me disais que c’était un de ces gars un peu bourges qui des fois viennent se saouler parce qu’ils supportent plus d’être entourés de gens friqués et plein de manières. Ouaip, sûrement quelque chose comme ça. Ensuite, il a souri, il m’a serré la main, il a mis son manteau et il est parti d’un pas énergique, dans le froid. Et moi j’suis resté là, j’savais pas trop quoi faire.

J’suis rentré et j’ai raconté aux gosses le client du jour. Un homme, très grand, avec des cheveux en flammes et des yeux verts en pierres précieuses. Il avait un manteau noir de mafieux et un teint de spectre, et il portait un clavier de piano sous son bras. Dans sa bouche, il y avait trois cigarettes qu’il fumait en même temps, et ça faisait beaucoup de fumée dans le bar. Il avait commandé des litres de café, qu’il buvait en jouant de son clavier qu’il avait posé sur la table, et il jouait très mal. Puis, il s’était levé, et d’un bond avait gagné la porte, et il avait disparu. J’ai un peu enjolivé, c’est sûr, mais c’est comme ça qu’on raconte aux enfants, non ?



Histoire


Son plus lointain souvenir remontait à ses 4 ans. Il en concluait que ce qu’il s’était passé avant n’avait pas été assez intéressant pour qu’il daigne s’en souvenir. Il n’avait pas particulièrement cherché à obtenir des informations sur cette période obscure, et tout ce qu’il en savait lui avait été raconté par ses parent. Il faisait beau ce jour-là, et puis il était né. Il n’avait pas besoin de plus de détails. Ce lointain souvenir donc, n’était en fait qu’une bribe de souvenir. Tout comme tous ce qui lui venait à l’esprit lorsqu’il entendait le mot « enfance ». Il voyait un grand jardin, et une ville en arrière-plan. Une maison de campagne lui faisait face, et lui, accroupi dans l’herbe, il regardait un jeune garçon à peine plus âgé que lui creuser frénétiquement la terre. Son frère, Ulrich, d’un an et demi son aîné, qui s’était mis en tête de construire un bunker dans le jardin. Il creusait les fondations. Le souvenir s’arrêtait là. Il pouvait ensuite faire un petit bond un peu plus tard, pour un autre souvenir. Une femme aux cheveux flamboyants, qui avait une robe verte et un tablier blanc donnait une gifle au garçon recouvert de terre. Et il savait qu’il ne se passerait pas beaucoup de temps avant d’y passer lui aussi, alors il courait à l’extérieur. Mais il n’était pas très grand, la femme le rattrapait vite. Il prenait une gifle lui aussi pour avoir ramené tant de terre dans la maison et fait un trou énorme dans le jardin. Mais il s’en fichait, parce qu’il savait que pour les consoler, la femme ferait des gâteaux au goûter. Et il avait eu raison, puisque le souvenir suivant, c’était les gâteaux qui sortaient juste du four. Voilà ce que qu’était sa vie jusqu’à présent. Une succession confuse de souvenirs de quelques secondes. Si on lui demandait de raconter sa vie, il serait incapable de la résumer. Il ne pourrait que donner ces souvenirs précis, et laisser les autres se débrouiller avec. Pourtant, il y aurait à dire sur sa vie.

Friedrich Lowy naquit à la moitié du mois de juin, dans un hôpital de Vienne. On comptait parmi les témoins présents Elena Lowy Walter, femme fougueuse et énergique qui venait de mettre au monde cet enfant, Tobias Lowy, homme sévère et nerveux, père du nouveau-né, et Ulrich Lowy, premier enfant du couple, qui était pour l’instant trop jeune pour qu’on puisse lui attribuer des caractéristiques. Se tenaient également là monsieur le médecin dont tout le monde a à ce jour oublié le nom, et mesdames les sages-femmes dont à ce jour personne n’a jamais su les noms. On remplit la paperasse, on reçut la famille qui fit semblant d’être heureuse et cajola l’enfant, puis on rentra à la maison, dans la campagne loin de la ville, dans un petit village paisible.
La demeure de la famille était une ancienne ferme qu’on avait aménagée afin de pouvoir y vivre. Les murs en pierre laissaient parfois passer le froid, le toit d’ardoises laissait parfois passer l’eau, mais en somme, il y faisait bon vivre. Les enfants grandissaient dans ce cadre campagnard, curieux de tout, bien nourris, bien aimés, bien éduqués. Pourtant, Friedrich ne se sentit jamais proche de sa famille, hormis de son frère aîné.

Son père, il ne le voyait jamais. Il rentrait tard le soir, il partait tôt le matin. Puis, à partir d’un jour, il ne rentra plus du tout. Le seul souvenir que Friedrich gardait de lui, c’était un homme grand et fort, qui tapait du poing sur la table lors des repas s’il entendait quelqu’un parler et dont la tête était constamment enveloppée d’un nuage de fumée bleuâtre qui s’échappait de cigares qu’il fumait continuellement. Un soir, on l’attendit à table, mais il ne vint pas. On l’attendit la nuit, mais il ne vint pas. Friedrich, qui avait alors 6 ans, eu comme unique pensée que pour une fois, il ne se ferait pas réprimander au dîner, et cette idée lui donna une grande joie. Quelques jours plus tard, il avait oublié jusqu’au visage de cet homme, et ne chercha jamais à savoir ce qu’il lui était arrivé. Qu’il soit parti ou qu’il soit mort, il n’en avait que faire, pour bien qu’il ne revienne pas.
Sa mère était une créature qui l’avait toujours étonné et l’étonnerait toujours. C’était une femme puissante et énergique, qui dirigeait son foyer d’une main de fer. Sévère, elle avait la main leste, mais juste, et ne reculait devant aucune punition pour être sûre que ses enfants soient éduqués. Toute la journée, elle rangeait, lavait, épongeait, balayait, s’escrimait sur la saleté pour faire de sa maison une demeure digne d’un magazine. Fière et têtu, elle n’hésitait pas à faire tous les sacrifices pour être sûre que personne ne manque de rien sous son toit, arpentant le marché tous les matins, chassant à coups de pieds les chiens qui tournaient autour de ses poules et traînant tous les dimanches ses enfants endimanchés jusque sur les bancs de l’église.
Enfin, il y avait son frère, Ulrich. Où qu’il aille, quoi qu’il fasse, il pouvait être sûr que son petit frère Friedrich le suivrait. Ils partageaient la même chambre, cela depuis leur naissance jusqu’à leur majorité, sans qu’aucun des deux n’eût jamais à se plaindre. Inséparables, on les voyait toujours ensemble, deux tignasses rousses qui couraient la campagne à la recherche de la pire chose à faire. Ulrich était bagarreur, protecteur, et remarquablement intelligent. Il avait les idées les plus incroyables, les plans les plus farfelus et les projets les plus étranges, tout cela, bien sûr à de mauvaises fins. Nuire au plus de monde possible, jouer des farces d’enfants à tour de bras, faire tourner le monde en bourrique, voilà les activités qui occupaient tout le temps libre du duo. Partout, à l’école, sur les chemins, dans les rues, les deux frères cherchaient les ennuis, et revenaient sales, égratignés et couverts de bleus à la maison. Là, encore, ils ne s’arrêtaient pas, cherchant sans cesses de nouvelles activités qui provoquaient toujours de nouveaux ennuis. Inonder la cour avec le tuyau d’arrosage, découper des bandeaux de pirate dans les chemises de leur père, jeter des pierres aux voitures, tout était bon. La mère finissait par distribuer les gifles à la pelle, et finalement, tout était calme pour le retour du père.

Quand le père disparut, les deux garçons ne se formalisèrent tout d’abord pas. Aucun des deux n’aimaient cet homme, et sa soudaine disparition leur fit plus plaisir qu’autre chose. La mère, au contraire, en fut très affectée. Elle mit soudain moins d’énergie à entretenir sa maison, cessa de réprimander ses enfants, qui eux n’y voyaient que du bénéfice, et se laissait petit à petit déprimer. Friedrich s’en fichait un peu, pour tout dire. Il continuait de s’amuser avec son frère, de vaquer à ses occupations d’enfant, et ne se préoccupait pas vraiment de ce qu’il se passait chez lui, préférant explorer le monde qui l’entourait. Puis, un jour, un autre homme arriva, et prit la place de son père à table le soir. Friedrich avait alors 13 ans, et cette intrusion dans son cocon familial l’aurait énervé si cet homme n’avait pas amené avec lui sa fille. Une jeune fille aux cheveux d’or, fragile et souvent malade, un peu plus jeune, dont il tomba fol amoureux. Mais la demoiselle avait des manières et des airs de princesse, et s’apercevant vite de l’intérêt que Friedrich lui portait, elle prit le parti de l’exploiter au maximum pour obtenir ce qu’elle voulait. L’adolescent se pliait à tous ses ordres, comme le valet sert sa princesse, se faisait accuser pour elle, volait pour elle, se ruinait pour elle, et aurait même tué pour elle. Il ne faisait plus attention à son travail scolaire, et ses notes chutèrent dangereusement, faisant de lui un échec lamentable. Il fallut l’intervention de son frère pour lui faire ouvrir les yeux sur le fait qu’il risquait tout pour satisfaire une jeune fille orgueilleuse et méchante. Le cœur brisé de Friedrich s’assombrit peu à peu, et au fil des années, il haïssait de plus en plus cet homme et sa fille qui siégeaient chez lui comme dans un château. Il devint à son tour méchant et manipulateur, multipliant les indélicatesses à l’adresse de ces deux intrus, leur pourrissant la vie comme ils avaient fini par pourrir la sienne. A ses 18 ans, l’homme quitta la maison, n’en pouvant plus de subir sans cesse l’animosité des deux garçons.

A partir de là, tout alla très vite pour Friedrich. Il reprit ses études sérieusement, apprenant les langues et l’histoire, s’intéressant à la politique. Son frère avait choisi la voie scientifique, et partit bientôt pour la ville afin d’y travailler. Lui-même abandonna bientôt sa mère pour partir à son tour, acceptant du travail dès qu’il s’en voyait proposer. Quand on lui proposa d’aller travailler en tant que professeur à l’autre bout du monde, il n’hésita pas une seconde avant d’apposer sa signature au bas du contrat.



And you ?
    Âge : 18 ans
    comment avez-vous découvert le forum : Partenariat
    comment le trouvez vous : Joli dans l'ensemble.
    Code : Elune est passée par là. *^*
    Autre : Mmh, je vais partir en vacances dans deux jours, j'aurai peut-être pas terminé ma fiche d'ici-là, est-ce que ça sera possible de la garder en état que je puisse la terminer en revenant ?


Dernière édition par Friedrich Lowy le Dim 19 Aoû - 20:06, édité 13 fois
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MessageSujet: Re: Friedrich Lowy - Stay serious [Finished]   Friedrich Lowy - Stay serious [Finished] EmptyVen 27 Juil - 17:41

    Hoy ! Bienvenue à toi !

    Je valide déjà ton code et concernant la fiche, je pense qu'il n'y a pas de problème à la garder un peu plus longtemps si tu pars en vacances. Donc je prends note et si jamais tu l'as pas terminée d'ici là, on saura qu'on la touche pas.
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MessageSujet: Re: Friedrich Lowy - Stay serious [Finished]   Friedrich Lowy - Stay serious [Finished] EmptyDim 5 Aoû - 10:28

Re bienvenue Frigidaire °3°
Bonne continuation pour ta fiche /o/
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MessageSujet: Re: Friedrich Lowy - Stay serious [Finished]   Friedrich Lowy - Stay serious [Finished] EmptyDim 12 Aoû - 22:21

    Bienvenu - ou en est la fiche ?
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MessageSujet: Re: Friedrich Lowy - Stay serious [Finished]   Friedrich Lowy - Stay serious [Finished] EmptyDim 19 Aoû - 20:13

    Tout me semble bon, tu es donc validé o/
    N'oublie pas d'aller faire recenser ton avatar !
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MessageSujet: Re: Friedrich Lowy - Stay serious [Finished]   Friedrich Lowy - Stay serious [Finished] Empty

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